1988 Inauguration, dans une station du métro bruxellois, d'une fresque de deux fois cent cinquante mètres animés par l'ensemble des
personnages des aventures de Tintin, à partir d'une esquisse réalisée par Hergé. Disparition du Journal Tintin.
1989 Inauguration, au Centre national de la Bande Dessinée et l'Image à Angoulême, France, d'un buste d'Hergé dû au sculpteur Tchang
Tchong-jen. La Fondation Hergé monte une vaste exposition intitulée Tintin, 60 ans d'aventures, inaugurée à Bruxelles et destinée à faire
le tour du monde.
Hormis les 24 albums qui composent la série des Aventures de Tintin, Hergé réalisa bon nombre d'autres bandes dessinées. On y
découvre des aspects parfois inattendus du talent d'Hergé, l'auteur se révélant tour à tour plus libre ou plus contraint que dans la série
principale.
Les exploits de Quick et Flupke
Le 23 janvier 1930, un gamin de Bruxelles baptisé Quick fait son apparition dans les pages du Petit Vingtième. "Chaque jeudi", se
promet-il en couverture, "je serai ici pour vous raconter ce qui m'est arrivé pendant la semaine". Le Petit Vingtième est le supplément
hebdomadaire, destiné aux enfants, que publie, depuis 1928, le quotidien Le XXe Siècle. Tintin, qui s'y ébat depuis un peu plus d'un an, ne
sera plus seul, désormais, à animer dans cette publication des récits en bandes dessinées.
Quick est le surnom d'un ami d'Hergé. Un compagnon de jeux particulièrement vif et facétieux. C'est peu dire que les aventures du
nouveau venu seront rafraîchissantes.
Il ne faudra pas attendre plus de deux semaines pour que s'y mêle l'un ou l'autre de ses copains. Après l'apparition d'un éphémère Sus,
avec lequel Quick descend une rue dans une caisse à savon, on fait la connaissance de Flupke , le 13 février 1930. Quick et Flupke,
ensemble ou séparément vivront de concert de nombreuses aventures urbaines, et pas mal d'escapades champêtres ou bucoliques. Le
tout plus ou moins inspiré de l'enfance d'Hergé.
Les exploits de Quick et Flupke vont dès lors se poursuivre de manière quasi hebdomadaire jusqu'en 1935, puis de façon moins régulière
jusqu'en 1940. D'un humour spécifique qui tranche sur le sage fantaisie (plus réaliste) de Tintin, les gags de cette série ironique et
gentiment irrespectueuse se développent le plus souvent sur une double page. Très vite, Quick et Flupke se mesurent à l'un ou l'autre
agent de quartier, casqué de blanc et vêtu d'une ample pèlerine sombre, comme il se doit pour les représentants de l'ordre bruxellois. L'un
fait les frais d'un jet d'eau manipulé par Quick, l'autre ceux d'une voiture folle, mise en branle par le même garnement. Un troisième subit la
bourrasque créée par Flupke au moyen d'un soufflet...
Par la suite, on distingue parmi les policiers auxquels sont confrontés nos gamins de Bruxelles, un grand gaillard d'agent qui arbore une
moustache conquérante sous un regard sourcilleux. Il sera la victime désignée, le souffre-douleur favori des deux chenapans. Ce
partenaire de choix sera fugitivement identifiée sous son vrai nom (l'agent Vertommen) avant de passer à la postérité sous le vocable
d'Agent 15... une fois qu'Hergé aura prise la peine d'inscrire lisiblement son numéro matricule sur le col de sa pèlerine.
Quelque 310 gags de Quick et Flupke sont parus dans le Petit Vingtième. Par la suite, Hergé en créera encore quelques-uns autres, que
ce soit dans le journal Le Soir, durant la guerre, ou dans l'hebdomadaire Tintin, dans les années cinquante.
Cinq albums en noir et blanc ont été publiés avant-guerre, les deux premiers aux Editions du Petit Vingtième, les suivants chez
Casterman. Onze albums de petit format, et en couleurs, sont parus, toujours chez Casterman, entre 1949 et 1969. Tous sont aujourd'hui
très recherchés par les collectionneurs. L'ensemble de ce matériel graphique a fait, plus récemment, l'objet d'une adaptation au format
des albums de Tintin, de sorte qu'actuellement, douze albums sont disponibles.
Signalons aussi que dès 1984, Les exploits de Quick et Flupke ont été adaptés en dessins animés, pour la télévision. Quelque deux cent
soixante films autonomes, d'une durée d'une minute, ont été réalisés. Ils ont été diffusés depuis dans une vingtaine de pays.
Popol et Virginie chez les Lapinos
Les Aventures de Popol et Virginie et Virginie au Far West furent publiés dans le Petit Vingtième, avant de reparaître dans l'hebdomadaire
Tintin, sous le titre que nous connaissons aujourd'hui. Il s'agissait de mettre en scène des animaux en s'adressant à un public très jeune.
Cet album, tout à fait à part dans l'œuvre d'Hergé, a le mérite de mettre en évidence sa technique narrative.
Les aventures de Jo, Zette et Jocko
Contrairement aux autres séries dessinées par Hergé, les Aventures de Jo, Zette et Jocko ne sont pas nées d'une initiative personnelle de
l'auteur, mais bien d'une demande formulée par les responsables de l'hebdomadaire français Cœurs vaillants. A la direction du magazine,
on demanda à Hergé de créer un personnage qui, contrairement à Tintin, aurait un papa qui travaille, une maman, une petite sœur et un
animal familier.
Alors que la famille de papier des Aventures de Tintin se constituait au fil des ans, il fallait ici donner naissance d'un seul coup à tout un
univers. Malgré la multiplicité des contraintes, Hergé réalisa cinq épisodes parus entre 1936 et 1957.